Et si j’avais juste oublié de prendre du plaisir?

Tired after jogging/exercising.

Courir a toujours été un véritable plaisir pour moi. Je me souviens que plus jeune, au collège, je n’étais pas un grand fan de sport, mal dans ma peau, je me sentais gauche dans toutes les disciplines… Toutes ou presque, l’endurance était pour moi comme une libération, j’étais doué pour ça et je m’évadais grâce à cela.

Des soucis de santé m’ont rapidement enlevé cette capacité. Renversé par une voiture, puis opéré du genou, pour voir ce qui clochait, en 4ème, j’ai finalement été dispensé de tous sports jusqu’au bac. S’en ai suivi, les soirées étudiantes, la malbouffe et l’alcool, combo détonant qui entraînera, une prise de plus de 30 kilos en 6 ans.

La prise de conscience

Un jour, en croisant la balance dans la salle de bain, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai décidé de me peser, chose que je n’avais plus faites depuis trop longtemps. Et là! Le choc! 117 kg! Comment ai-je pu en arriver là? Comment peut-on se laisser aller à un tel point, fermer les yeux sur la personne que l’on est devenu…

S’en ai trop! Je dois réagir, prise de rendez-vous avec une diététicienne, elle m’imposera sa façon de voir la nutrition pendant 1 an et réussira à me faire perdre aux environs de 13 kg. Puis avec le début de la vie active, le rythme métro/boulot/dodo parisien est très dur à prendre, la malbouffe repointe le bout de son nez et, on va pas se mentir, la malbouffe c’est quand même super pratique quand on se croit débordé par le reste. Ma courbe de poids s’en ressentira et repartira à la hausse, avec en tête le traditionnel: « ça va je gère j’ai juste repris un peu de poids mais je peux le reperdre quand je veux. »…

Opération « Si tu ne veux pas mourir avant 30 ans »

L’excuse de la vie professionnelle n’a que trop duré, je dois me ressaisir! Alors, je mets en place un plan d’action pour mon opération « Si tu ne veux pas mourir avant 30 ans ». Je me renseigne sur la nutrition, et choisi de un sport qui me motive pour former le duo essentiel, « Alimentation saine / activité sportive », qui m’aidera à atteindre mes objectifs. Nous sommes le 1er Janvier 2013, je pèse 110kg pour 45% de masse grasse et cela ne peut plus durer!

Cette année 2013, sera une année de running en pointillé, j’alterne les périodes de blessures et les périodes de course, je me soigne mal, le plus souvent, ne respecte jamais les temps de repos mais j’ai besoin de bouger alors je serre les dents, quelle belle idée… Le summum de ma bêtise sera atteint lorsque pris d’une envie d’accrocher un dossard je décide de m’aligner au départ du semi marathon de paris 2014! Ca avais l’air tellement simple pourtant…

Là, c’est la « vraie » blessure nous sommes mi-janvier 2014 et je ne peux plus courir. Le verdict tombe très vite, double périostite tibiale et aponévrosite plantaire. Et c’est l’arrêt complet.

La reprise

C’est à la fin août 2014 que je reprend petit à petit la course, histoire de retrouver un peu la forme en surfant sur la vague de mon retour de vacances randonnées à la montagne, mes entraînements structurés commencent en décembre, avec un plan d’entraînement établi par le coach qui a décidé de prendre mon cas en main, objectif 58min pour le 10km des Foulées de Vincennes, qui sera mon premier dossard officiel, je le bouclerai en 53min29, j’en suis plus que ravi mais j’analyse vite les défauts de ma course et décide d’améliorer tout cela.

C’est la suite logique, nouvelle course le 22 mars, les Foulées d’Aubergenvilles en 52min52, puis la course surprise sur ma semaine de repos (normalement) avec la Pisciacaise en 51min29, et la boucle du Diabète, participation imprévue écourté par une douleur suspecte à la jambe et, avec le recul, une bonne fracture du morale en plus.

C’est logiquement épuisé que je commence mon plan de 15km, après une mini semaine de repos. Là c’est le drame, je cours les Foulées Osnyssoises avec une jambe en moins, sous anti-inflammatoires, en 55min32 sur un parcours très trop difficile, et c’est l’arrêt complet… Au début on ne comprend pas. Puis avec le recul, plus j’écris cet article, plus je me dis, que finalement je suis un éternel insatisfait, un compétiteur qui refuse d’écouter son corps. Qu’au regard de mon parcours je ne peux qu’être satisfait. Que j’ai déjà beaucoup demandé à un corps qui a déjà tellement souffert par le passé, qu’à peine délesté d’une partie de mon surpoids, je lui demande déjà les performances de celui d’un kényan.

Finalement, c’est en regardant en arrière que je me dis, qu’il y a encore un an de cela, j’étais incapable de m’infliger le quart de ce que je fais aujourd’hui et surtout que quelque part lors d’une de ces courses, ou lors d’un de mes entraînements, j’ai dû oublier un des éléments essentiels qui nous fait courir, prendre du plaisir.

Cela fait aujourd’hui 3 semaines que je suis privé de course (je dirais même de tout sport jusqu’à nouvel ordre…), cela m’a remis les pendules à l’heure et j’avais besoin de la partager avec vous pour qu’il en reste une trace et qu’on puisse me le remettre sous les yeux le jour où je rechuterai, si je rechute…

Bon run à tous, et n’oubliez pas que sans plaisir on n’avance plus.

2 comments on “Et si j’avais juste oublié de prendre du plaisir?

  1. Un super article que je vais partager avec plaisir. Il est vrai que le plaisir est l’essence même de tout ce que l’on entreprend. Et au final on est censé y prendre du plaisir afin d’être « heureux ». Tu as finit par le comprendre et en prendre conscience, ton parcours n’en reste pas moins exemplaire.
    Je ferais un clin d’œil particulier à miss « 24h » qui doit y être pour quelque chose. bis

  2. Super cet article. Ton parcours et les conseils qui serviront à tous : ne pas s’oublier pour un chrono. Je me suis aussi blessée tu le sais car trop exigeante et trop d’entrainement alors que je débutais. Au repos maintenant aussi depuis bientôt deux mois je reprends la semaine prochaine et ce qui est sur c’est que mon ambition ne sera pas de refaire un temps mais de prendre soin de moi pour aller plus loin. Bravo pour cet article et ce partage d’un bout de ta vie.

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